Un jardin

pour celui qui sait voir

Amour de sieste

Ne prends pas appui

Les proues ont de la cire dans leur oreilles

Nos plus belles hypothèses serait-ce nos rêves abandonnés?

 

 

Les étourneaux

 

Écoute j'ai quelque chose à te dire

 

Quand au rien sans rien on se désaccorde

 

Quand les étourneaux déploient en syncope un  crescendo irraisonné de flou gris

 

Quand leurs excréments tombent sur la fenêtre de l'usine d'en face comme si un ange avait vomi

 

Quand le seul homme qui ait tout compris a seulement laissé un arc en ciel douloureux

 

Quand on se sent froissée et qu'on injurie le temps avec ses rides

Quand minuit dépeuple la rue

 

Quand pour compte on se voit avec un sourire pour s'immuniser comme un âne dans l'espérando du monde

 

Quand on revient d'une stratosphère essoufflée quand la plupart des regards se ressemblent et n'amènent plus au mystère

 

Quand les brandy cherries dans des verres scintillent au travers du souffle rauque de Bacchus

 

Quand ma taie d'oreiller infidèle contamine l'intimité jusqu'au chant du coq

 

Quand on se sent froissée et qu'on injurie le temps avec ses rides

Quand minuit dépeuple la rue

 

Quand dans la claustrophobie quotidienne la foule me griffe comme une chair contre de mauvaises herbes

 

Quand des milliers d'yeux sont rivés sur l'incontestable carte de leur destinée où roule des débris d'osselets humains

 

Quand un coléoptère polisse en tournoyant le manque par le rêve et cocufie la mort

 

Quand on darde d'un coup d'œil l'incontestable de ce qui sera et qui devient le vrai

 

Quand on se sent froissée et qu'on injurie le temps avec ses rides

Quand minuit dépeuple la rue

 

Et quand tel un Sisyphe on mesure le poids de son rocher qui dévale dans un monde absurde

 

Et quand le canon méridien disperse les étourneaux irraisonnés en flou gris

 

Quand on se sent froissée et qu'on injurie le temps avec ses rides

Quand minuit dépeuple la rue

 

 

Dans le brouhaha quotidien du café tabac ente carte à gratter et mauvaises nouvelles à la télé

Je t'ai regardé dans la pénombre serrer ton livre comme un bouclier trop lourd

Ces pages en proies idéales que tu étouffais de ton silence sourd

Tu lisais en courbant l'échine ces histoires de seigneurs de guerre

Ces pieux chevaliers qui jouent dans la poussière leur territoire sans faire de quartiers

Accroché au poignard métallique de ton regard un flou d'images

J'ai fini ma bière pendant que tu finissais ton mur de pierres

De mon asile j'aurais bien mis bien des coups d'épée

Dans l'indispensable écran vide de sens

Toile sans fond qui essuie la solitude

au son des verres qui trinquent

Tu m'as regardé et d'un coup j'ai eu froid

Je me suis faite l'effet d'une princesse aux petits pois

Je me suis dit je vais bouger de là.........

J'ai regardé autour de moi

Et je me suis dis façon carabosse....

Et moi c'est quoi ma bataille ?

Avant de sortir je t'ai regardé une dernière fois

Ton torse bougeant un peu comme une armure...

Et tu m'as dis à demain.....

 

L'orque

 

Quand je  pars

Quand c'était la Der des Der

Quand je cherche un orque à chevaucher

Tu es le point sur le i

Quand je reviens

Ombre sirène Souffle et Proie

Le point sur le i

Et moi je suis

Quand toi tu

Le point sur le i

La Der des Der

A qui perd Gagne

Je suis hier

Le Ka Yak sur la rivière

Je suis Hier

Mais où va  la rivière

Quand toi tu

Hier le Ka Yak

 

Au bord de mes fonds

Les rêves qui galopent

Sur le silence mat en guise d'horloge

Et je cherche la leçon de vol de l'autre visage du temps

Des algues blanches dans mes cheveux

Mon visage est il noyé de l'ombre d'une redite

On ne nous a pas armé pour cette nuit

Malgré le fanatisme dévorant du troupeau

Ne sachant ni partir ni rester ni obéir ni oublier

Broyer peut être dans ce demi rêve l'étoile de l'effroi polaire

Qui fasse de nous des gens qui pensent autrement

 

 

Quand je  pars

Quand c'était la Der des Der

Quand je cherche un orque à chevaucher

 

Ulysse lui revient à Itaque affreusement vieilli

Seul son chien le reconnaît

Et Thanatos pris au dépourvu s'endort

Un souffle se faufile

Mais reste toujours le nœud inextricable

Comme le poing d'une main tenant une muraille de lâcheté

 

Quand je pars

Quand c'était la Der des Der

Quand je cherche un orque à chevaucher

Quand je pars

Quand c'était la Der des Der

Quand je cherche un orque à chevaucher

Tu es

Le point sur le i

 

Alors, en pensant à toi,  j'ai écrit un jardin.....

J'ai regardé le mot jardin...j'ai cherché les bonnes lettres, j'ai cherché les outils pour ce jardin, des pleines brassées de mots, des mots dits, des mots tus, des mots rares, des mots cachés sous le terreau, des mots comme des cascades.....

J'ai effeuillé le mot fleur...fleur bleu, conter fleurette, fleurter, déflorer...

 

Loup captivé

 

 

Loup captivé

Quand par amour on devient chèvre

Se charger de verrouiller son oeil rouge dans la lucarne

Cliché pourpre

Emprise au rythme des pas

Tu la regardes  passer

Marche légère

Assallie de petits signaux

 

Et J'Rembobine

Tu la verras cette marche  forcée.....

La marche errante sur le  fil

Tu verras pas à pas

Tu verras de flaches en flaches

Roucoulement de la bobine à s'en rendre fou

 

Et je repars ton ombre dans le dos

Ton cil noir dans le ciel ouvert

Pour que commence la cicatrice

En gueule de loup de toi

Trop fort nos longueurs d'onde

Trop fort notre atome crochu

Trop fort tes yeux d'étrangeté où je te croise encore

Le fil coupé   je fais houle à part

 

 

Et J'Rembobine!

Tu la verras cette marche  forcée.....

La marche errante sur le  fil

Tu verras pas à pas

Tu verras de flaches en flaches

Roucoulement de la bobine à s'en rendre fou

 

Les bras gelés dans mon édredon chiffonné de silence

Je passe les bornes pour dire viens

Pour t'entendre comme personne

Dans un désert qui te ressemble

Trop fort ce jeu sorcier dans la course de notre vie courte

Trop fort  à ne plus tracer droit

En gueule de loup de toi

Je repars ton ombre dans le dos

 

Et J' Rembobine!

Tu la verras cette marche  forcée.....

La marche errante sur le  fil

Tu verras pas à pas

Tu verras de flaches en flaches

Loup captivé par amour...

 

 

 

Pour commencer, j'ai biné, pioché, j'ai cherché des phrases pas trop longues à te dire, j'ai semé au souffle du vent, j'ai aussi planté des coins tendres et tranquilles pour ne pas te froisser au cas où tu serais timide.

J'ai établi des haies, dessiné des massifs et pour qu'il n'y ai aucune zone de doutes, j'ai laissé croître des champs de confiance sans labyrinthes de querelles et d'indifférence.

 

A ta porte

 

 

A ta porte

Glisser du bleu au noir

A ta porte sans couture qui puisse se voir

Till blue in black slid whose seam could not be shown oo

Till blue in black slid whose seam could not be shown oo

 

Pour l'heure ça va

Ce pas à pas du jour

Un jour bleu comme avant

Et si tu es au bout

L'enjeu  vivre pour recoudre la nuit

En découdre devant un robinet qui fuit

Mais j'avais promis de ne pas pleurer alors je laisse couler

 

A ta porte

Glisser du bleu au noir

A ta porte sans couture qui puisse se voir

Till blue in black slid whose seam could not be shown oo

Till blue in black slid whose seam could not be shown oo

 

Pour l'heure ça va toujours

Ce pas à pas du jour

Un jour de moins en moins bleu

Mais si tu es au bout

L'enjeu ivre pour passer la nuit

L'enjeu ivre devant le robinet qui fuit

J'picole sans pleurer et puis je laisse couler

 

 

J'viens plus devant ta porte

Glisser du bleu au noir

J' viendrais plus devant ta porte

sans couture qui puisse se voir

Till blue in black slid whose seam could not be shown oo

Till blue in black slid whose seam could not be shown oo

Ce pas à pas du jour

Un jour carrément noir

Un jour qui s'effiloche avec ou sans couture c'est à voir

J'ai fermé le robinet et puis je m' suis couché

pour glisser du bleu au noir déchirure ne plus voir

Till blue in black slid whose seam could not be shown oo …........

 

Chaque jour j'ai semé à vau l'eau

de tous côtés

ne sachant pas par où tu arriverais.

 

Très près des algues

 

 

 

Ruban gommé mouillé sur mes yeux

Chercher la possibilité

Défricher très prés des algues ton squelette

A contre chant

Avoir l'attitude du rêve

Parodie dans les courants des âges

Zoner outrepasser les marges

Chercher des crosses

Longer la mort

Avec les derniers râles battre en brèche

Dans l'alvéole des heures

Fendre furieusement l'eau

Je te cherche

 

Ruban gommé mouillé sur mes yeux

Chercher la possibilité

Saillie d'un doute que dit il?

Pôle positif

Un temps de face

Un temps de profil

Une façon d'être entre et non à côté

Et toi

Géométrie innocente

Tu ouvres la porte battue par la pluie et entre dans la pièce

La longue nuit avance

Je te cherche

 

 

 

Ruban gommé mouillé sur mes yeux

Chercher la possibilité

Pauvre naïade

Qui dans un rêve de proue

Se blesse aux gifles du vent

Et tisse le filet frémissant d'une greffe du temps

Ruban gommé mouillé sur mes yeux

Chercher la possibilité

A contre chant

Chaque fois  je te cherche

 

Avec des claquements de sève, des brindilles, des bouquets d'herbes, j'ai dessiné un paysage flexible dans le tout du vert, dans la torsion des racines, je t'ai construis un haut vent où je t'ai attendu des nuits entières et où au matin je me suis souvent réveillée avec des oiseaux sur l'épaule.

J'y ai donc mis des nichoirs en sorbier des oiseleurs pour qu'ils viennent plus nombreux et qu'ils se répondent aux heures verticales et qu'ils soient nos complices présents...Te deviner sans parler...

 

 

L'ange

 

 

La première fois que je l'ai vu

J'étais à cloche pied un caillou dans la poche dans la marelle des nuages

C'était pas le paradis

Je l'ai vu arriver avec un look d'enfer

Avec perte et fracas

Il jouait à la pétanque

Moi entre ciel et terre

Ça m'a fait sursauter

Zéphir ou Séraphin des fois je me méfie

J'aime pas trop les énigmes

Du coup pour ne rien perdre de vue j'ai pris ma longue vue

Au cas où la donne change ou que ça change d'angle

Un corps d'homme ça s'apprivoise

Mais un corps d'ange ça s'envole dans la trame de nos fonds d'acier

Avec des petits bouts de tout des petits bouts de ciel

Mais il revient toujours me chercher dans l'ombre de nos traversées

Même quand je lui balance ma godasse et tous mes sparadraps

N'essayez  pas un peu beaucoup au regard de la foudre de contrarier un ange

Ce genre d'oiseau vous vole dans les plumes

Dans un roulis grinçant d'enclume pour peu il vous ferait chanter

Un jour de folie j'ai tiré sur mon ange

Histoire de lui clouer les ailes

Et je l'ai vu tomber du plafond du vestibule

Il s'est même pas fait mal

C'est à n'y rien comprendre

 

 

Du coup je dormais plus

Et je me suis dit que je ne le verrai plus

Moi je crachais du plomb

Lui avait laissé quelques plumes et son mouchoir à carreaux

Je les ai balayé et les ai gardé dans mon polochon

J'ai rêvé de goudron les anges sont terribles

Sans se soucier de ce qu'il y a dessous c'est bien eux qui vous plument

Moi je suis pas un ange je sais juste flotter

J'ai rien d'un angelot je marche à ses côtés

Avec ma chair de poule le vide me colle au plancher mazouté

Lui il tient pas en place il court  il disparait

Mais il revient toujours me chercher

La dernière fois que je l'ai vu

J'étais à cloche pied un caillou dans la poche dans la marelle des nuages

C'était pas le paradis

Je l'ai vu repartir comme un rêve dans l'air

Moi entre ciel et terre

Les ailes un peu rognées

Ça m'a fait sursauter

Mais il revient toujours me chercher dans l'ombre de nos traversées

Même quand je lui balance ma godasse et tous mes sparadraps

 

 

L'ampoule

 

 

Dans l'usinage de mon cerveau

Des lambeaux fous de solitude

Les lumières étiolées du soir

Dansent sur les murs en décrépitude

Mon visage au miroir des carreaux

Je cherche un ailleurs dans la course des nuages

Qui avec le vent enfantent une myriade d'images

Comme une frontière tributaire de la cité

 

J'ai pas réparé l'ampoule

La lumière est trop blanche

Au matin me rendre un peu plus

Comme meurent doucement les chemins envahis par les ronces

 

Dans l'abattement de la nuit

La nuit empiffrée de la myopie de la ville

Un pourquoi comme un écho qui se dilate sur le plafond

Dans l'usinage de mon cerveau

Tant de gestes inverses

Un pourquoi à la renverse

Comme pour étouffer dans hier le lendemain

 

J'ai pas réparé l'ampoule

La lumière est trop blanche

Au matin me rendre un peu plus

Comme meurent doucement les chemins envahis par les ronces

 

J'ai enfoui des trésors dans des passages, des sentiers rarement empruntés à défricher ensemble sur lesquels nous verserons une terre meuble de projets communs au nord à l'est à l'ouest au sud sans barrière, sans clôture, ni pour toi, ni pour moi. Un début d'allée comme un chemin d'amour

Ce jardin, je l'ai écrit pour toi avec les fruits de ma passion

 

 

Pour toi

 

Murée de questions

Marée de questions

Il manque un manque

Alors

J'ai ouvert un chant pour toi comme on s'ouvre les veines

J'ai changé de frontières dans les versants des sens

J'ai joué avec ton ombre et mes plaies dans des mots de trop

Des mots des mots qui ne rattraperont rien

J'ai été un brasier clandestin où se bâtit l'errance

J'ai dormi après la nuit en t'appelant dans un brouillard féroce

J'ai trimé lesté par mes souffles à t'aimer où l'on ne s'attend pas

Je me suis agité un murmure au dedans

Fait de mon désir jusqu'au seuil de mes tempes folles

 

Et j'attends foudroyée comme dans les voilures des contes féroces

Et j'attends toujours comme un sursis à ce qui se noie en moi

Pour toi

 

Je t'ai vu dans le secret de ton corps comme une porte battante

Où se place du mystère à la pointe du sexe et du regard

Je me suis armé d'un autre inconnu

J'ai couru à l'aplomb de moi même

Je t'ai senti au désir de ma bouche

Mais le silence reste le dernier convoyeur

Qui se glisse comme en mue de serpent

Et me mord du remord du fou

 

Et j'attends foudroyée comme dans les voilures des contes féroces

Et j'attends toujours comme un sursis à ce qui se noie en moi

Pour toi

 

 

Dans les odeurs des fleurs anciennes et sauvages entrelacées, tu t'approcheras sous l'arbre de mai, un ginko biloba, le bois souple de l'arbre te verra arriver au loin, marchant sur les dalles de pierres pour passer l'eau sans basculer, sans danger...

Tu t'assoupiras sur un tapis de pensées, plein de pensées, sur lesquelles tu pourras te confier...les jours d'envie d'un ailleurs....

 

Comme on range sa voiture

 

 

Je fais la grève de mes pensées

Contre nos deux têtes appuyées

Et l'instant se poursuit dans les plis d' aujourd'hui

Regarder les gens dans la périphérie des heures qui tombent

Forer peut être ce qui me reste de vie

En regardant le bitume habitué à la patine de la brume

 

Il a tant plu

Tout est rouillé

Et mes lèvres serrées

Je suivrai bien quand tout vacille

Un être qui a les yeux qui brillent

 

Je fais la grève de mes pensées

Contre nos deux têtes appuyées

Et l'instant se finit dans un pli de l'oubli

Fixer ces instants assassins et la croisée des chemins

S'échiner à ranger mon cœur

Comme on range sa voiture

 

Il a tant plu

Tout est rouillé

Et mes lèvres serrées

Je suivrai bien quand tout vacille

Un être qui a les yeux qui brillent

 

 

De mes mains, je peindrai une aire de fantaisies pour te faire rire, et découvrir quelques unes de nos faces cachées, là où la salsepareille indigène embaume.

 

 

 

Le tournis

 

 

Après tous ces jours d'humeur bizarre

J'ai pas envie de me tenir à carreaux

On ne peut pas toujours recycler sa vie

Mon laps de vie avec des peurs à tête de hyène

J'ai balisé

Baliser pour colmater

Je me suis serrée dans un coin

J'ai laissé place à ceux qui cognent

Assez d'encaisser les coups

Et j'ai fait ma besogne de corps

Mais ça donne le tournis d'expliquer

Expliquer ça donne le tournis

 

Après tous ces jours d'humeur bizarre

J'ai pas envie de me tenir à carreaux

J'avais même plus la force de soulever des ça va

Arrêter de rire trop fort sans faux fuyant

Faire avec soi  sans bêler

Faire par soi sans se trahir

Et réapprendre en basse continue

En pente douce en ricochet

Repartir de rien

Et faire ma besogne de corps

Mais ça donne le tournis d'expliquer

Expliquer ça donne le tournis

 

 

Ras le bol de tous ces jours d'humeur bizarre

Je vais finir par terminer sur le carreau

Me béquiller contre ces heurts qui trouent mon foie

j'veux pisser dru comme un homme pour m'épater

Pour pas finir KO

Pour se refaire confiance

Sans sursauts de nuit

Sans sueurs au son de la hyène

Reprendre pied

Et continuer à vivre sans tout comprendre

Sans tout voir et vivre quand même

Et faire la vaisselle tranquille

Avant que les hyènes n'aient bouffé mon corps

 

 

La robe rouge

 

 

 

Dehors les enseignes lumineuses

Enflamment les visages rigides des mannequins de mousseline sculptés

Miroir de la misère au travers de la brillance chromée d'une décapotable

Un bras querelleur tombe dans le caniveau

Devant le café des fauteuils et des divans empilés s'entremordent dans le froid

 

 

Une robe rouge en abat jour du haut de ses aiguilles pénètre dans le hall

Dans la chute d'un talon d'Achille

Son chagrin d'amour grimpe l'escalier

avec elle la douleur sous son manteau

Un parapluie au bras comme un cygne au long cou

Flotte dans son cirque de charme et de condoléances fleuries

Et perlent en gouttes au rythme de sa montée

Une robe rouge en abat jour du haut de ses aiguilles pénètre dans le hall

Et dans le café au poker menteur un as pique un homme de cœur

 

 

Et les oreilles sourdes du sablier

Égrainent avec tact le tic de l'horloge

Seule une mouche s'attarde

Et de ses ailes enroule les cercles du silence

 

 

Et la robe rouge en abat jour du haut de ses aiguilles ressort

Dans la chute d'un talon d'Achille elle a brisé son aiguille

Son chagrin d'amour descend l'escalier

Et l'homme piqué par l'as ment en homme de cœur

Règlement de compte par langue assassine

Et les oreilles sourdes du sablier

Égrainent avec tact le tic de l'horloge

Seule une mouche s'attarde

Et de ses ailes enroule les cercles du silence

 

Dans les coins déserts, je détruirai mes tours d'orgueil et de jalousie, j'y mettrai un banc et un bassin de salicornes en attendant la mer... où ses courants tracent des certitudes dans le cliquetis des mats clinquants dans le soleil.

Tout sera comme tu l'espères...

Un jardin pour qu'on se reconnaisse, quand tu voudras..

 

 

Pour changer

 

 

At time O clock

Qu'est ce que tu fous à Londres

Un autre tour de cadran

Météo à la radio

Il fera beau dimanche

Aujourd'hui je suis même pas fichue de converser avec le chat

J'ai punaisé mes rendez vous en file indienne

A l'ordre du jour un jour en ordre

 

Pour changer

Je prendrai bien une valise chargée de vent

Et sur mon vélo comme un couteau

Fendre le brouillard

 

Effet loupe par transparence

Je vois ton poisson rouge dans un verre à pied

Je cherche mes lunettes

C'est dur la quarantaine

Je remets ma boucle d'oreille avec un minimum de concentration

Pour avoir l'air de

Même avec des larmes de fond

Je vais pieds nus vers mon café

Passage obligé

 

Pour changer

Je prendrai bien une valise chargée de vent

Et sur mon vélo comme un couteau

Fendre le brouillard

 

Ma tempe est remplie de ta love letter

Mes orteils frottent le sol comme une craie qui crisse

Je rumine

Qu'est ce que tu fous à Londres

 

Pour changer

Je prendrai bien une valise chargée de vent

Et sur mon vélo comme un couteau

Fendre le brouillard

 

Des plates bandes arrive une odeur de basilic

Pic St Loup dans un verre à pied

Ce soir le chat aura mangé le poisson rouge

 

 

Sous nos paupières...du mélilot jaune, cornouillet, vigne, boulot blanc, sureau, passiflore, aubépine, gravier, caillou bleu, vol d'étourneaux,, de la lumière, le bruit des vagues, un ginko biloba, la croisée des chemins, des mots cachés sous le terreau, la torsion des racines, le tournis du poisson rouge dans un verre à pied, un coin désert, des pensées, plein de pensées, l'arbre de mai, une mouche, un chat, un vol d'étourneaux, la rivière et un coléoptère, un kayak et des algues,  un robinet qui coule, mon vélo et un ange qui passe avec tact

 

Mais aussi ...du chasseur à l'appeau

D'un temps de paix à un temps de poix

D'un cri à l'effroi

Des terres sans limites aux îles cernées d'océans

D'une arête à un abîme marin

De l'astrolabe à la luciole

De mes bras pour forêt à ton regard pour sève

De rien à toujours

De l'orque à Moby Dick

Du silence à taire pour que demeure le secret

De l'essieu à la roue du temps

De la proue à l'homme de poupe

D'un cheptel de sons à la nuit qui se rend

Du galop d'une légende au cheval fou de la marée

De la minute assassine à l'assassinat d'une fée

Du loup des steppes à la morsure de mes solitudes

De l'acolyte pensée à l'ange de moins vingt

Du cerf qui brame sous la lune à mes gorges de nuit

Des avions agiles des silhouettes d'enfants au papier dans l'air libre

De l'équilibriste au fil de nos pupilles qui se nouent

Du froid dans son givre qui agrafe les fenêtres au contre courant de soi même

De mes draps comme voile à l'ancre de ton corps

De l'écorchée vive à l'oiseau  au bec amer

De te lire incertain à mes lèvres qui se méprennent

Du cercle de tes bras à ton rire en arpège

De la pluie au goutte à goutte de mes terrains vagues

De la baguette de Circé aux cymbales du cochon mécanique

De la spirale des feuilles de platanes au paysage qui se désosse

Des rangs d'arbres abattus à l'étrange trouée sur la rue

Des éclairages frileux des bus de décembre à l'enfant du manège qui serre sa monture

 

Midi dormant

 

Accroche fée

Je te vois

Pur sorcier que la foudre mord

L'aiguille de cèdre pique midi dormant

Comme une loutre

L'horloge m'arrache à toi

Je te le dis tout net

 

100 ans ou sans toi

Je te vois

Vite un baiser à perdre le sommeil

Eveillée sans retour quelle délivrance

 

Mon cœur qui ne bat plus

En belle dormant je meurs

En l'instant

Lente hémophilie du mécanisme amoureux

Je reviens sur mes pas dans tes pas

Voyager comme un passeur de rêve

 

100 ans ou sans toi

Je te vois

Vite un baiser à perdre le sommeil

Eveillée sans retour quelle délivrance

 

 

Et  j'échange

Château de papier

Donjon et ménestrel de dentelle

Et mon renard empaillé

Tu m'attends le corps ouvert

Avec mes petites morts et mes grandes morts aussi

Vêtue dévêtue libre sans baliverne

 

100 ans ou sans toi

Je te vois

Vite un baiser à perdre le sommeil

Eveillée sans retour quelle délivrance

 

 

Amour de sieste

Ne prends pas appui

Les proues ont de la cire dans leur oreilles

Nos plus belles hypothèses serait -ce nos rêves abandonnés?